Apprenez à dire non au travail

Pourquoi savoir dire non au travail est-il si difficile ? Parce que c’est humain de vouloir aider ! Perçu comme une marque de politesse, on veut se faire bien voir, faire plaisir, être vu comme compétent, travailleur et dévoué et on a peur de ne pas être apprécié autrement. C’est encore plus vrai lorsque l’on vient d’arriver dans l’entreprise ou que l’on vise une promotion.

Pourtant, dans certaines circonstances, un “non” bien justifié vaut mieux qu’un “oui” contre-productif. Cela peut sembler peu naturel, mais savoir dire non, c’est aussi exercer sa liberté : libre de choisir, libre de décider, libre de ne pas subir. Savoir dire non, lorsque le refus est légitime, équivaut à savoir s’affirmer, prioriser son travail, connaître ses limites. C’est aussi une protection pour ne pas se retrouver dans une situation délicate de frustration, de stress voire d’échec.

Alors, pourquoi est-ce si important de savoir dire non ? Et comment apprendre à dire non sans blesser votre interlocuteur ou sans craindre d’être mal vu ?

Savoir dire non : pourquoi c’est difficile… mais important

Des peurs tout à fait légitimes se cachent derrière notre difficulté à dire non. Vais-je être accepté si je vais à contre-courant, si je m’oppose à l’autre ? Vais-je décevoir mes collaborateurs ? Serais-je encore bien considéré si je décline quelque chose ? Vais-je paraître blessant ou trop individualiste si je refuse d’aider quelqu’un en difficulté ?

Citation: "Savoir dire un "non" bien justifié vaut mieux qu'un "oui" contre-productif !" - Popwork

C’est la peur du jugement des autres qui nous pousse à dire oui même quand c’est impossible. Ne pas réussir à dire non peut être un facteur de démotivation qui peut avoir un impact sur l’estime de soi. Dire oui au détriment de votre bien-être peut devenir toxique sur le long terme si vous ne prenez pas les choses en main.

Pourtant dire oui systématiquement n’est pas une solution et c’est même très souvent le meilleur moyen de décevoir, de créer de faux espoirs. Réussir à dire non c’est aussi ce qui me permet de dire oui plus sereinement. Loin de l'égoïsme et de la mauvaise volonté, dire non est avant tout un gage de :

  • Bon sens. Si vous dites non à cette personne qui a besoin d’une aide de dernière minute alors que vous avez un dossier important à rendre dans l’immédiat, ou si vous refusez de participer à une réunion un soir de semaine à 21h alors qu’il n’y a aucune urgence, c’est parce que vous sentez que serait contre-productif... Il n’y a rien d’exagéré, ni d’insensé dans votre refus.
  • Sincérité. Pourquoi dire que vous pouvez rendre ce dossier trois jours avant la date prévue alors que c‘est techniquement impossible, compte tenu de la charge de travail que cela demande ? Dire non, c’est parfois être réaliste. Être franc fait gagner du temps et vous rend plus fiable.
  • Maîtrise de son travail. En disant non, vous signifiez à votre interlocuteur que vous connaissez vos limites, que vous savez vous préserver. Si vous travaillez dans une petite start-up et que votre manager vous demande de gérer la clôture de fin de mois car le comptable est en arrêt maladie, dire non, c’est tout simplement être aligné avec vos missions. Vous savez que vous n’avez pas les compétences pour répondre à cette attente ; prétendre le contraire ne serait pas professionnel.
  • Connaissance de soi-même. Vous croulez sous le travail et on vous en demande encore? Vous savez qu’en acceptant, vous prenez le risque de craquer.

Faire preuve de bon sens, être transparent, bien se connaître et se respecter sont autant d’attitudes qui participent à mieux gérer les demandes et les attentes. Ainsi, vous assumez votre point de vue sans avoir peur de déplaire aux autres, parce que vous savez juger ce qui est juste. Vous gagnez même en crédibilité, puisque vous connaissez vos limites et celles de votre équipe.

Dire non, c’est aussi être en adéquation avec vos valeurs personnelles, c’est éviter d’être manipulé ou de faire des missions contre votre gré. Si changer les chiffres d’un contrat sans prévenir les intéressés ne vous inspire pas, c’est que cela ne sonne pas “juste” pour vous. Il est donc préférable de décliner et oser affirmer vos valeurs d’intégrité et d'honnêteté.

Comment exprimer un refus ?

Apprendre à dire non et oser s’affirmer n’est pas inné et peut s’avérer difficile dans certaines situations. Pour être plus à l’aise et réussir à affirmer ses choix sans culpabiliser,  il est conseillé de d’abord connaître ses propres limites. L'assertivité s’apprend avec l’expérience et vous aidera à savoir dire oui ou non de la bonne manière. Il s’agit d’être capable d’exprimer clairement ses idées, émotions et opinions sans pour autant paraître brusque ou manquer de respect. Tout comme la confiance en soi et l’estime de soi, affirmer clairement ses idées s'acquiert et cela vous sera bénéfique tant sur le plan professionnel que personnel.

Citation: "Dire non, c'est aussi être en adéquation avec vos valeurs personnelles, éviter d'être manipulé ou de faire des missions contre votre gré" - Popwork

Commencez par vous entraîner en déclinant de manière spontanée des sollicitations peu significatives. Pour des situations plus complexes en revanche, dire non se prépare un minimum.

Voici trois conseils pour apprendre à dire non sans stresser :

  • Prenez un peu de temps pour réfléchir à la situation, pour écouter votre intuition et peser le pour et le contre. Rien ne presse, votre interlocuteur a bien 5 minutes pour vous laisser réfléchir. En effet, refuser une proposition peut être une source d’angoisse importante qui peut vous faire perdre vos moyens. Prendre une pause et souffler un bon coup va vous aider à mieux gérer votre stress au travail. Si vous avez plus de temps, vous pouvez poser sur papier vos pensées afin de mieux structurer votre discours. Enfin, s'entraîner à l’oral vous permettra d’identifier si vous êtes confortable et naturel lors de votre prise de parole. Une bonne préparation est bénéfique pour s’affirmer davantage et bien formuler ses désirs.
  • Formulez-lui votre réponse avec des arguments rationnels. Un “non” justifié sera toujours bien compris. Votre décision doit donc s’appuyer sur des faits tangibles qui aideront votre interlocuteur à comprendre votre décision. Vous refusez de participer à une énième réunion qui a lieu juste avant votre grande présentation annuelle ? Ne vous contentez pas d’un “je ne peux pas”. Expliquez que vous planchez actuellement sur la présentation qui demande beaucoup de concentration et que vous avez besoin de ce temps pour bien vous préparer et faire votre travail. Il est important de prendre le temps d’expliquer vos choix pour éviter de causer une gêne chez votre interlocuteur suite à une mauvaise interprétation de vos propos. Argumenter de manière intelligible et tâcher d’adopter un ton calme et posé. Accepter de dire non en adoptant cette posture est une preuve d’intelligence émotionnelle qui fera bonne impression chez votre interlocuteur. Évitez de prendre un ton sec, de parler de façon trop autoritaire ou de paraître excédé.e car cela peut être blessant pour votre collaborateur.

Fixez-vous des règles claires. Vous pouvez par exemple vous forcez à dire non :

  • Quand vous pouvez déléguer. Si une personne de votre équipe est en mesure de gérer un projet, n’hésitez pas à lui confier cette tâche. Vous pouvez faire part à votre collaborateur de votre attention en lui demandant d’abord s’il est disponible. Pensez à lui partager tous les éléments dont il a besoin pour être autonome. Responsabiliser les membres de votre équipe est une preuve de la confiance que vous accordez à vos collaborateurs et peut renforcer leur sentiment d'appartenance au sein de l’équipe.
  • Aux requêtes “urgentes” qui ne sont en réalité pas importantes. Bien prioriser ses tâches est essentielle pour une organisation plus fluide et être plus productif. La matrice d'Eisenhower peut, par exemple, vous aider simplement à bien différencier l’importance et l’urgence des différentes requêtes. Soyez à l’écoute et faites preuve d’analyse pour prendre du recul sur les priorités à venir.
  • Aux réunions à plusieurs mal préparées ou trop longues. Ce que l’on appelle la "réunionite" n’est pas un cas isolé en entreprise et peut faire perdre du temps à l’ensemble de votre équipe. Si cela est récurrent et que ces points en équipes semblent peu ou pas constructifs, évoquez ce contexte tous ensemble et essayez de trouver de réfléchir à de nouveaux formats plus dynamiques. Si vous n’êtes plus indispensable à la réunion, demandez simplement aux membres de votre équipe de vous partager court un compte rendu en fin de la réunion si cela est opportun.
  • Relativisez l’éventuelle réaction de votre interlocuteur. Lorsqu'une opinion est exprimée dans le respect d’autrui et formulée de la bonne manière, il y a moins de chance qu’elle soit perçue négativement. Être capable de dire non est une preuve de confiance en soi et d’aisance au sein d'une équipe. Aidez-vous de vos arguments pour chasser la culpabilité. Que craignez-vous particulièrement ? De décevoir, d’être critiqué, rejeté, ou d’être vu comme incompétent ? Prenez du recul par rapport à la situation : refuser une deadline car elle vous paraît intenable n’aura sûrement aucune conséquence sur la manière dont vous êtes perçu au sein de votre équipe. Quoi qu’il en soit, dédramatiser la situation vous aidera à oser vous affirmer et à poser vos limites.
Citation: "N'oubliez pas cependant de refuser avec diplomatie et un minimum d'empathie : la franchise n'empêche pas la bienveillance" - Popwork

Commencez par vous entraîner en déclinant de manière spontanée des sollicitations peu significatives. Pour des situations plus complexes en revanche, dire non se prépare un minimum.

Voici trois conseils pour apprendre à dire non sans stresser :

  • Prenez un peu de temps pour réfléchir à la situation, pour écouter votre intuition et peser le pour et le contre. Rien ne presse, votre interlocuteur a bien 5 minutes pour vous laisser réfléchir. En effet, refuser une proposition peut être une source d’angoisse importante qui peut vous faire perdre vos moyens. Prendre une pause et souffler un bon coup va vous aider à mieux gérer votre stress au travail. Si vous avez plus de temps, vous pouvez poser sur papier vos pensées afin de mieux structurer votre discours. Enfin, s'entraîner à l’oral vous permettra d’identifier si vous êtes confortable et naturel lors de votre prise de parole. Une bonne préparation est bénéfique pour s’affirmer davantage et bien formuler ses désirs.
  • Formulez-lui votre réponse avec des arguments rationnels. Un “non” justifié sera toujours bien compris. Votre décision doit donc s’appuyer sur des faits tangibles qui aideront votre interlocuteur à comprendre votre décision. Vous refusez de participer à une énième réunion qui a lieu juste avant votre grande présentation annuelle ? Ne vous contentez pas d’un “je ne peux pas”. Expliquez que vous planchez actuellement sur la présentation qui demande beaucoup de concentration et que vous avez besoin de ce temps pour bien vous préparer et faire votre travail. Il est important de prendre le temps d’expliquer vos choix pour éviter de causer une gêne chez votre interlocuteur suite à une mauvaise interprétation de vos propos. Argumenter de manière intelligible et tâcher d’adopter un ton calme et posé. Accepter de dire non en adoptant cette posture est une preuve d’intelligence émotionnelle qui fera bonne impression chez votre interlocuteur. Évitez de prendre un ton sec, de parler de façon trop autoritaire ou de paraître excédé.e car cela peut être blessant pour votre collaborateur.

Fixez-vous des règles claires. Vous pouvez par exemple vous forcez à dire non :

  • Quand vous pouvez déléguer. Si une personne de votre équipe est en mesure de gérer un projet, n’hésitez pas à lui confier cette tâche. Vous pouvez faire part à votre collaborateur de votre attention en lui demandant d’abord s’il est disponible. Pensez à lui partager tous les éléments dont il a besoin pour être autonome. Responsabiliser les membres de votre équipe est une preuve de la confiance que vous accordez à vos collaborateurs et peut renforcer leur sentiment d'appartenance au sein de l’équipe.
  • Aux requêtes “urgentes” qui ne sont en réalité pas importantes. Bien prioriser ses tâches est essentielle pour une organisation plus fluide et être plus productif. La matrice d'Eisenhower peut, par exemple, vous aider simplement à bien différencier l’importance et l’urgence des différentes requêtes. Soyez à l’écoute et faites preuve d’analyse pour prendre du recul sur les priorités à venir.
  • Aux réunions à plusieurs mal préparées ou trop longues. Ce que l’on appelle la "réunionite" n’est pas un cas isolé en entreprise et peut faire perdre du temps à l’ensemble de votre équipe. Si cela est récurrent et que ces points en équipes semblent peu ou pas constructifs, évoquez ce contexte tous ensemble et essayez de trouver de réfléchir à de nouveaux formats plus dynamiques. Si vous n’êtes plus indispensable à la réunion, demandez simplement aux membres de votre équipe de vous partager court un compte rendu en fin de la réunion si cela est opportun.
  • Relativisez l’éventuelle réaction de votre interlocuteur. Lorsqu'une opinion est exprimée dans le respect d’autrui et formulée de la bonne manière, il y a moins de chance qu’elle soit perçue négativement. Être capable de dire non est une preuve de confiance en soi et d’aisance au sein d'une équipe. Aidez-vous de vos arguments pour chasser la culpabilité. Que craignez-vous particulièrement ? De décevoir, d’être critiqué, rejeté, ou d’être vu comme incompétent ? Prenez du recul par rapport à la situation : refuser une deadline car elle vous paraît intenable n’aura sûrement aucune conséquence sur la manière dont vous êtes perçu au sein de votre équipe. Quoi qu’il en soit, dédramatiser la situation vous aidera à oser vous affirmer et à poser vos limites.